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Charte des arènes françaises


Le club des sept fait front


D'un côté comme de l'autre des Pyrénées, les places taurines souffrent de la conjoncture économique. Les principales arènes françaises s'unissent pour lutter.


La tauromachie est une économie (presque) comme les autres : elle n'échappe pas à la crise. Fréquentation stagnante ou en baisse des spectacles, inflation des coûts, déficits. La fragilité des équilibres financiers va en s'aggravant. Toutes les places, ou peu s'en faut, l'attestent. Au point d'interroger l'avenir de la corrida. Devant tant d'incertitudes, les représentants des sept arènes françaises de première catégorie (Bayonne, Dax, Mont de Marsan, Vic-Fezensac, Béziers, Nîmes et Arles) se sont réunis, samedi, à Bayonne. Un front commun se dessine. Il entend, pour mieux maîtriser les coûts, imposer des conditions aux acteurs du milieu, au pemier rang desquels figurent les toreros. Ambitieux…

Jean Grenet, maire de Bayonne, était donc l'hôte de cette matinée studieuse. Ses homologues montois et dacquois, Geneviève Darrieussecq et Gabriel Bellocq, partagent avec lui l'initiative de ce que l'on nommera assises de la tauromachie en France. Autour d'eux, les impresas (organisateurs) majeurs du pays, publics comme privés. Une "rencontre historique", ont-ils qualifié en chœur ce rendez-vous.

Double objectif de 20 %
Contre bien des pronostics, les débats ont abouti sur des résolutions très concrètes. Quatre précisément, consignées dans une "charte".
La plus forte : "Réduire les honoraires des toreros et les prix des élevages de 20 %, pour les cachets et contrats supérieurs à un montant de 60 000 euros." Côté hommes, la mesure vise les vedettes, dans leur bulle d'opulence, imperméables aux réalités terrestres. Certains encaissent des émoluments supérieurs à 100 000 euros, dans une inflation régulière. Quand l'élue montoise parle de "diktat", il faut notamment se tourner vers ceux-là.

À l'inverse, les signataires envisagent de "revaloriser dans la même mesure (20 %), les cachets des toreros les plus modestes". "Nous marquons notre volonté de nous intéresser aux toreros plus jeunes, ceux qui souvent affrontent le bétail le plus dur", souligne le premier magistrat de Dax.

Le club des sept entend se lancer dans une autre conquête, administrative celle-là. « Nous allons créer un groupe de travail pour tenter d'obtenir l'application du taux de TVA relatif aux spectacles vivants et culturels », détaille Jean Grenet. Soit 5,5 %. Le député bayonnais, aussi président de la commission tauromachie à l'Assemblée nationale, aura certainement un rôle de lobbying à jouer dans les cercles parisiens.

Cohésion impérative
Les coalisés de la première catégorie promettent aussi de faire prioritairement appel aux éleveurs français, "dans la mesure de leurs possibilités", pour les novilladas.

Geneviève Darrieussecq préside en ce moment l'Union des villes taurines de France (UVTF). À ce titre, elle sera en première ligne pour généraliser ces positions "à l'ensemble des arènes françaises". "Cette charte sera proposée à l'ordre du jour de la prochaine assemblée générale de l'UVTF. Il ne s'agit pas d'imposer quoi que ce soit, mais nous proposerons."

Ces assises interviennent dans le marasme de la conjoncture économique. Mais aussi un air du temps favorable au antitaurins. De plus en plus audibles et structurés, ils savent tisonner le contribuable avec le coût de la corrida pour la collectivité. Le "G7" souligne le nécessaire « esprit de solidarité » qui anime ses membres. Pour imposer les quatre points par eux paraphés, il devra perdurer dans une inflexible traduction. Dès à présent, où la saison 2012 se négocie avec éleveurs et matadors. La première dissonance, la moindre brèche dans la cohésion des sept, signifiera l'échec de la démarche. Le plus difficile commence.

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"C'est une rencontre historique", estime le maire de Mont de Marsan. "Se sont parlés des gens qui n'avaient pas forcément l'habitude de le faire, que l'organisation de leurs corridas soit associative, privée ou se fasse en régie. De toute façon, on est tous dans le même bateau." Geneviève Darrieussecq fait le constat suivant. "En Espagne, 45 % des spectacles taurins ont disparu. Chez nous aussi, les arènes se vident et le public se renouvelle peu. C'est beaucoup lié à des spectacles stéréotypés et au coût des billets." Pour l'avenir des corridas en France, la présidente de l'UVTF dit davantage craindre ce phénomène que les antitaurins. Pour tenter d'inverser le mouvement et si la charte signée par le groupe des 7 (lire ci-dessus) est respectée, elle souhaiterait baisser le prix de certains billets. Ça concernera davantage les places à l'ombre que celles au soleil.­
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Sud Ouest | Pierre Penin­­




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